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LIBRES | 19 mai 2006

COMME LE VENT.....

"Je dis à mon coursier,
alors que les lances frappaient les lances
- Fais attention ! éveille-toi ! ne t'endors pas !
Et mon généreux coursier me répondit :
- Ne t'inquiète pas de moi, je suis de race ;
sois seulement mon cavalier."
Anonyme

Publié par YZELLE à 15:02:55 dans MES FAVORIS | Commentaires (0) |

SOLEIL et CHAIR...d'ARTHUR RIMBAUD..('Le Cahier de Douai) | 22 avril 2006

Ce texte figure dans la lettre de Rimbaud à Théodore de Banville du 24 mai 1870 sous le titre « Credo in Unam ».

1

Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,
Verse l'amour brûlant à la terre ravie,
Et, quand on est couché sur la vallée, on sent
Que la terre est nubile et déborde de sang ;
Que son immense sein, soulevé par une âme,
Est d'amour comme Dieu, de chair comme la femme,
Et qu'il renferme, gros de sève et de rayons,
Le grand fourmillement de tous les embryons !
Et tout croît, et tout monte !
- Ô Vénus, ô Déesse !
Je regrette les temps de l'antique jeunesse,
Des satyres lascifs, des faunes animaux,
Dieux qui mordaient d'amour l'écorce des rameaux
Et dans les nénuphars baisaient la Nymphe blonde !
Je regrette les temps où la sève du monde,
L'eau du fleuve, le sang rose des arbres verts
Dans les veines de Pan mettaient un univers !
Où le sol palpitait, vert, sous ses pieds de chèvre ;
Où, baisant mollement le clair syrinx, sa lèvre
Modulait sous le ciel le grand hymne d'amour ;
Où, debout sur la plaine, il entendait autour
Répondre à son appel la Nature vivante ;
Où les arbres muets, berçant l'oiseau qui chante,
La terre berçant l'homme, et tout l'Océan bleu
Et tous les animaux aimaient, aimaient en Dieu !
Je regrette les temps de la grande Cybèle
Qu'on disait parcourir, gigantesquement belle,
Sur un grand char d'airain, les splendides cités ;
Son double sein versait dans les immensités
Le pur ruissellement de la vie infinie.
L'Homme suçait, heureux, sa mamelle bénie,
Comme un petit enfant, jouant sur ses genoux.
- Parce qu'il était fort, l'Homme était chaste et doux.
 Misère ! Maintenant il dit : Je sais les choses,
Et va, les yeux fermés et les oreille closes.
- Et pourtant, plus de dieux ! plus de dieux ! l'Homme est Roi,
L'Homme est Dieu ! Mais l'Amour, voilà la grande Foi !
Oh ! si l'homme puisait encore à ta mamelle,
Grande mère des dieux et des hommes, Cybèle ;
S'il n'avait pas laissé l'immortelle Astarté
Qui jadis, émergeant dans l'immense clarté
Des flots bleus, fleur de chair que la vague parfume,
Montra son nombril rose où vint neiger l'écume,
Et fit chanter, Déesse aux grands yeux noirs vainqueurs,
Le rossignol aux bois et l'amour dans les coeurs !
 
Misère ! Maintenant il dit : Je sais les choses,
Et va, les yeux fermés et les oreille closes.
- Et pourtant, plus de dieux ! plus de dieux ! l'Homme est Roi,
L'Homme est Dieu ! Mais l'Amour, voilà la grande Foi !
Oh ! si l'homme puisait encore à ta mamelle,
Grande mère des dieux et des hommes, Cybèle ;
S'il n'avait pas laissé l'immortelle Astarté
Qui jadis, émergeant dans l'immense clarté
Des flots bleus, fleur de chair que la vague parfume,
Montra son nombril rose où vint neiger l'écume,
Et fit chanter, Déesse aux grands yeux noirs vainqueurs,
Le rossignol aux bois et l'amour dans les coeurs !

(à suivre)
 



 

Publié par YZELLE à 20:37:18 dans MES FAVORIS | Commentaires (0) |

Extraits de :"NEIGE" | 20 avril 2006

1

Yuko Akita avait deux passions.

Le haïku.

Et la neige.

Le haïku est un genre littéraire.Il s'agit d'un court poème composé de trois vers et de dix sept syllabes .Pas une de plus.

La neige est un poème.Un poème qui tombe des nuages en flocons blancs et légers.

Ce poème vient de la bouche du ciel , de la main de Dieu.

Il porte un nom.Un nom d'une blancheur éclatante .

Neige .

(Maxence Fermine)

Publié par YZELLE à 15:33:20 dans MES FAVORIS | Commentaires (0) |

LE LIVRE DE LA VIE.....A. de Lamartine | 12 avril 2006

Le Livre de la Vie est le livre suprême

Qu'on ne peut ni fermer ni rouvrir à son choix

Le passage adoré ne s'y lit pas deux fois

Et le feuillet fatal s'y tourne de lui-même;

On voudrait revenir à la page qu'on aime,

Mais la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts.

Publié par YZELLE à 17:09:06 dans MES FAVORIS | Commentaires (0) |

LES POETES....Léo Ferré | 11 avril 2006


Ce sont de drôl's de typ's qui vivent de leur plume
Ou qui ne vivent pas c'est selon la saison
Ce sont de drôl's de typ's qui traversent la brume
Avec des pas d'oiseaux sous l'aile des chansons

Leur âme est en carafe sous les ponts de la Seine
Les sous dans les bouquins qu'ils n'ont jamais vendus
Leur femme est quelque part au bout d'une rengaine
Qui nous parle d'amour et de fruit défendu

Ils mettent des couleurs sur le gris des pavés
Quand ils marchent dessus ils se croient sur la mer
Ils mettent des rubans autour de l'alphabet
Et sortent dans la rue leurs mots pour prendre l'air

Ils ont des chiens parfois compagnons de misère
Et qui lèchent leurs mains de plume et d'amitié
Avec dans le museau la fidèle lumière
Qui les conduit vers les pays d'absurdité

Ce sont des drôl's de typ's qui regardent les fleurs
Et qui voient dans leurs plis des sourires de femme
Ce sont de drôl's de typ's qui chantent le malheur
Sur les pianos du cœur et les violons de l'âme

Leurs bras tout déplumés se souviennent des ailes
Que la littérature accrochera plus tard
A leur spectre gelé au-dessus des poubelles
Où remourront leurs vers comme un effet de l'Art

Ils marchent dans l'azur la tête dans les villes
Et savent s'arrêter pour bénir les chevaux
Ils marchent dans l'horreur la tête dans des îles
Où n'abordent jamais les âmes des bourreaux

Ils ont des paradis que l'on dit d'artifice
Et l'on met en prison leurs quatrains de dix sous
Comme si l'on mettait aux fers un édifice
Sous prétexte que les bourgeois sont dans l'égout ...

Publié par YZELLE à 19:42:19 dans MES FAVORIS | Commentaires (0) |

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